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L’importance du mouvement chez le bébé

Un petit enfant en bonne santé se met spontanément en mouvement dès la naissance. Au départ, il s’agit de réflexes primitifs. Mais très vite, cela devient une succession de mouvements dans l’espace et le temps, qui va faire passer le bébé de la position horizontale à la posture verticale.

Article paru le 14 novembre 2019 sur le site crecheemploi.fr

Au cours de ses trois premières années de vie, le petit enfant va passer par trois étapes successives essentielles qui sont indissociables : marcher, parler, penser.

Seul l’être humain peut acquérir ces trois facultés : elles sont la base des apprentissages et du développement.

Aujourd’hui, on parle beaucoup de motricité libre, ce qui consiste à laisser l’enfant libre de ses mouvements, afin de lui permettre d’explorer son corps et de se développer sans l’intervention de l’adulte, en évoluant librement. Il est en effet fondamental de permettre au tout-petit d’être libre de ses mouvements, de le laisser bouger, explorer l’espace, découvrir les objets.

Et il est tout autant primordial de ne pas le mettre dans des positions pour lesquelles il n’est pas prêt, comme la position assise ou la marche debout, car la musculature ne s’est pas préparée encore à ses positions ou mouvements. Souvent en effet, certains parents pensent accélérer le développement de leur bébé et gagner du temps, mais au lieu de cela, ce sera du temps perdu plus tard, avec des risques d’apparition de grandes tensions corporelles, et un risque de retard dans les apprentissages.

Néanmoins, pour que la motricité libre soit possible, Il faut au préalable que le nourrisson ait reçu les « bonnes » informations : Avoir été porté par l’adulte, longuement tenu et contenu dans les bras pour ressentir la sécurité corporelle et affective, génératrice de l’ocytocine : l’hormone de l’attachement. En effet, s’il en a eu suffisamment, le bébé sera alors en confiance et en sécurité pour descendre des bras, être posé sur le sol et aller expérimenter des mouvements puis des déplacements.

Accompagner le tout-petit dans le mouvement : la base d’un bon développement de son cerveau 

 

Quand le bébé est posé, il faut non seulement le laisser couché sur le dos à plat pour qu’il découvre ses bras et ses jambes, le monde autour de lui, mais il faut aussi absolument, ce dont peu de personnes ont conscience, lui proposer la position à plat ventre pendant les moments où il est réveillé.

Cette position peut, au départ, être proposée sur l’adulte, qui s’allonge sur le dos, et prend le bébé sur lui, afin de pouvoir positionner la tête du bébé sur le côté. Puis rapidement, quand le bébé sait tourner sa tête, la position à plat ventre pourra être proposée sur un tapis au sol. C’est dans cette position que le bébé commencera à lever sa tête, à développer la musculature de ses épaules et de son cou. Puis en se « traînant » par terre, il pourra alors se déplacer.

tout-petit dans le mouvement

Bien sûr, certains bébés très toniques découvrent rapidement le mouvement de rouler, ils se retournent seuls dans cette position à plat ventre. Attention : si ces bébés trouvent rapidement un appui, ils ne chercheront pas, ou moins, à se déplacer au sol. Même si les parents sont souvent très satisfaits de voir leur enfant debout, le passage par le 4 pattes est extrêmement important pour le développement du cerveau.

D’autres tout-petits, qui ont moins de tonicité pour différentes raisons, resteront seulement couchés sur le dos et n’expérimenteront pas les déplacements à terre. Les professionnel(le)s de crèche peuvent alors accompagner ces bébés « trop » hypotoniques, à trouver les déplacements (plat ventre, rouler, etc).

Le bébé se déplace en se traînant par terre, en rampant, et bientôt il attire les jambes sous son corps, soutient le buste de ses bras, et le voilà qui avance à quatre pattes.

tout-petit dans le mouvement

Le succès des premiers mouvements en entraîne d’autres. Progressivement il se libère de la pesanteur, il fait tout seul ses premiers pas.

Tout comme le squelette et les muscles se transforment par l’activité de l’enfant qui apprend à marcher, ainsi se développent les muscles plus fins de la parole et de la mimique pendant qu’il apprend à parler. L’usage de la parole est une merveille de coordination. L’apprentissage de la parole ne modifie pas uniquement l’organisation du corps physique, mais entraîne aussi une différenciation plus subtile de la vie psychique de l’enfant.

Marcher et parler constituent la base pour le développement de la pensée.
L’enfant commence à nommer les objets qui l’entourent, à les mettre en rapport entre eux, à exprimer le rapport verbalement, il commence aussi à poser des questions. Au début, la pensée se trouve immédiatement liée à l’activité motrice de l’enfant et la structure de la langue.
La marche verticale permet à l’enfant de maîtriser peu à peu ses bras et ses jambes, sa motricité globale. Puis, le développement de la motricité fine (mains et bouche) lui permet d’éprouver de manière vivante son rapport avec le monde qui l’entoure. C’est alors qu’il commence à reproduire dans sa pensée l’image de ce qu’il expérimente.

Pendant les trois premières années de la vie, l’organisation physique de l’enfant représente donc une base solide pour le développement langagier, intellectuel et psychique.

L’activité motrice de l’enfant exerce donc une influence formatrice sur son corps et son cerveau et fonde ainsi ses facultés cognitives. Cela vaut en particulier pour les premières années de l’enfance mais constitue de ce fait un aspect important de tout apprentissage pour la suite du développement.

 

Cécile Kostadinovski

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